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Pièce - Salaires & Classification l’Acte 2 - Le jeu de dupes

24 mai 2013, par Lolo

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_ Après le premier acte intitulé "le Bal des frustré"
Le SINECOS-CGT38 présente
Le jeu de dupes
Le deuxième acte de la tragi-comédie perpétuelle
Acte II - Misère ou l’appauvrissement programmé
Mise en scène par la Direction
Produit par l’UCANSS


Voir aussi l’acte III La Grande Illusion
et enfin voir l’acte IV Le joujou extra...

Acte II - Scène 1 -

Qui veut prendre leur place ?

Patrick, 36 ans, cadre expert depuis 12 ans dans un organisme de notre institution, orphelin et sans oncle d’Amérique, membre émérite des frustrés 2012 (comme en 2011, 2010, 2009, 2008…) fait ses comptes :

Tout augmente… le gaz, l’électricité, l’essence, le loyer, le pain… Waouh… Heureusement, pour faire face, mon salaire aussi augmente : 5 points de plus par mois en 2012, soit 28,34€ net dans ma poche. 28,34€ âprement arrachés à l’UCANSS par des GS (Gentils Signataires) engagés !

(Il ouvre encore une facture)

Zut ! J’ai oublié la hausse de la redevance télé : + 3% !
(il se lève et tourne en rond)

Mais où est-ce que je vais trouver tout ce pognon ?

Se laissant choir sur son canapé, Patrick allume machinalement la télé et tombe sur un de ces jeux fortement rémunérés… Retrouvant ses réflexes de frustré il s’écrie…

Mais… Pourquoi eux et pourquoi pas moi ?

Acte II - Scène 2 -

Qui veut gagner du pognon ?

Où l’on retrouve notre héros sous les sunlights d’un plateau de télé, placé sous le feu des questions de Jean Pierre Focu.

JP Focu : Attention…première question : pour 7 points Patrick… Aujourd’hui, à la Sécu, un N3 est embauché au SMIC. D’après vous, en 1993, date de la mise en place de la précédente classification, à combien était embauché un N3 toujours par rapport au SMIC ?
- A : à - 3,1% du SMIC
- B : à + 3,1%
- C : à + 31%
- D : à + 310%

Patrick : 310%, impensable ! …31%, impossible… Moins 3,1%...ils en seraient bien capables… plus 3,1%, c’est jouable… mais je préfère assurer mes arrières… Je vais faire appel à un ami de la CGT.

Bling…Bling…Bling… résonne le téléphone

L’ami : Allo…

Patrick : Salut, c’est Patrick… Je suis en direct de « Qui veut gagner du pognon ». Dis-moi,-toi qui es entré à la Sécu en 93, combien tu gagnais au N3 par rapport au SMIC ?

L’ami : J’ose à peine te le dire, tu vas être dégoûté. A l’époque on embauchait à 31% au-dessus du SMIC. Aujourd’hui, il faut être Niveau 5 pour atteindre ce salaire !

Patrick : (s’adressant à JP Focu) Réponse C, Jean Pierre. C’est mon dernier mot.

JP Focu : Gagné ! Bravo Patrick : en 20 ans, vous avez perdu 30% sur votre salaire de base, et ce, dès l’embauche !

Question suivante. Pour 15 points, Patrick, attention, là ça devient sérieux !

Avant 2004, un salarié promu d’un niveau 3 à 4 pouvait escompter une augmentation mensuelle de 200€ bruts. Aujourd’hui, en 2012, quelle est l’augmentation de salaire qui accompagne cette même promotion ?
- A : 100€
- B : 105€
- C : 200€
- D : 205€

Alors, d’après vous, Patrick ? … Un joker peut-être ? ...

Patrick : Non Jean-Pierre. La chance est avec moi ! J’ai un collègue qui, après 22 ans de bons et loyaux services, vient d’obtenir une reconnaissance, enfin une professionnalisation comme ils disent aujourd’hui !
Je sais ce que ça lui a coûté en augmentation de charge de travail, en implication et responsabilité supplémentaire. Je sais aussi ce que ça lui a rapporté financièrement : 105 euros brut par mois et ça sera mon dernier mot Jean Pierre .

JP Focu : Gagné ! En changeant de niveau, d’une classif à l’autre vous avez perdu 95 euros brut par mois d’augmentation Patrick. Bravo !

Enchaînons sans attendre avec la troisième question…
- Vous êtes prêt, Patrick ?

Patrick : Ben…oui…

JP Focu : 140% de son salaire de base… Voilà, Patrick, le montant plafond auquel un salarié de la CPAM pouvait prétendre avant 1992 comme fruit de son travail au bout de 8 ans minimum et 20 ans maximum…

Aujourd’hui, Patrick, un salarié de la CPAM peut prétendre obtenir 140% de son salaire de base au bout de…
- A – 6 ans minimum et 18 ans maximum
- B – 8 ans minimum et 20 ans maximum
- C – 10 ans minimum et 22 ans maximum
- D – Jamais, sauf peut-être si les GS œuvrent à faire passer la durée légale de cotisations de 42 à 62 annuités pour faire valoir ses droits à la retraite.

Patrick : Là, Jean-Pierre, je dois dire que la question me laisse 200% sans voix ! Je vais donc utiliser le joker 50/50.

JP Focu : Nous allons donc retirer 2 réponses sur les 4 proposées…Attention… Les réponses éliminées sont la A et la C… reste à vous montrer clairvoyant en faisant le bon choix parmi les deux réponses restantes…

Patrick :
Ben… La réponse « Jamais » paraît tellement incongrue que la tâche me semble grandement facilitée ! Je vais donc dire, sans hésitations, réponse B, « 8 ans minimum et 20 ans maximum », comme en 1992… Et c’est mon dernier mot, Jean-Pierre !

JP Focu : Ah quel dommage ! Il fallait répondre « JAMAIS ». Et oui Patrick, aussi incongru que cela puisse paraître, aujourd’hui avec une carrière complète vous n’êtes pas assuré d’atteindre le plafond de 140% de votre salaire d’embauche. Un peu plus de réflexion vous aurait sans doute enjoint à ne pas faire la même erreur que les Gentils Signataires de l’accord de 2004 qui a pénalisé 100% des salariés de la CPAM !

gagnerez du Pognon, Patrick, mais tentez donc votre chance chez les Dindons !

Ce n’est encore pas ici que vous

Acte II - Scène 3 -

Questions pour un dindon

Où l’on retrouve Patrick en finale, opposé à la direction de la CPAM
Julien Lepervers : Autrefois valorisée, synonyme d’entraide et de référence, elle s’est vue sournoisement requalifiée pour se muer en…

BIP – Patrick a la main

Oui, Patrick, vous pensez à… ?

Patrick : La solidarité ?

Julien Lepervers : Belle tentative, mais ce n’est pas ça… je continue… pour se muer en une notion floue qu’adopte avec frénésie certaines entreprises ou reconnaissance rime avec absence…

BIP – La direction a la main

La direction : Le transfert « solidaire » du travail ! Par exemple on passe de 4 Équivalents Temps Plein à 3 pour effectuer le même travail.

Julien Lepervers : Encore un bel essai stratégique… Mais non ! Je continue… avec absence car comme le savoir faire a un coût, la solution toute trouvée a consisté …

BIP

Patrick : L’ancienneté !

Julien Lepervers :
Bravo ! Vous avez gagné ! Ou perdu…Car je ne résiste pas à l’envie de lire la fin de ma fiche… a consisté à convertir 2% d’ancienneté en 2 points. Permettez-moi de sourire, Patrick, car, franchement, ce n’est pas la peine d’être fort en calcul pour comprendre que les salariés de la CPAM se sont fait avoir : 2% d’un SMIC représentent 28€, alors que 2 points de plus, toujours à 7€ le point depuis 2010, c’est moitié moins !

Pour vous consoler Patrick, vous ne partirez pas les mains vides ! Les guides Machette sont heureux de vous offrir le règlement intérieur d’un organisme en cinq volumes avec une magnifique couverture en simili skaï !

Patrick, en son for intérieur : Mais ce n’est pas avec ça que je vais faire bouillir la marmite. Il ne me reste plus que le schmilblic !

Acte II - Scène 4

Le Schmilblic

Guy Cépadulux : Je vous rappelle que le montant de la cagnotte du schmilblic est de 700 euros. Premier candidat…

 ??? : C’est Papy Mougeot

Guy Cépadulux : Votre question Monsieur

Papy Mougeot :
Est-ce que le schimili- mili… miliblic pourrait momenta-nément sembler remplir mon porte monnaie et en réalité durablement le vider ?

Guy Cépadulux : Oui, en effet, il pourrait.
A quoi pensez vous ?

Papy Mougeot : Aux exonérations de cotisations qui amputent nos salaires de 42,6% et qui cessent d’alimenter la part différée de notre salaire qui finance les assurances maladies, retraite, famille ou accident du travail.

G. Cépadulux : Ah vous n’êtes pas loin… Mais non ce n’est pas ça. Attention nous rajoutons…2 Euros dans la cagnotte. Candidat suivant…
2ème candidat : Bonjour. Est-ce que le schmilblic pourrait paraître à la page des trucs et astuces du « Petit DRH illustré » ?

G. Cépadulux : Oui, il pourrait… Vous pensez à quoi ?

2ème candidat : A une arnaque qui consisterait à budgéter des parties de salaires (par ex : 2,5 % de la masse salariale, soit 135 M d’euros) et de lier leur versement à l’atteinte d’objectifs. Imaginez que malgré vos efforts vous n’atteigniez que 85% de vos objectifs…
Pour le coup l’arnaque pourrait rapporter gros : 21 Millions d’euros ! Mais attention toujours avec l’aval de Gentils Signataires.

G. Cépadulux : Vous brûlez mais ce n’est encore pas ça. Et 2 euros de plus dans la cagnotte qui atteint maintenant des sommets : 704 euros ! Candidat suivant…

C’est au tour de Patrick notre malheureux dupe

Patrick : Est-ce que le schmilblic pourrait avoir été créé par des illusionnistes qui nous feraient croire que l’on peut toujours faire plus avec toujours moins ?

G. Cépadulux : Quelle culture d’entreprise, Patrick !
A quoi pensez vous ?

Patrick : A l’intéressement

G. Cépadulux : Bravo Patrick ! Vous êtes le gagnant de la mirifique prime d’intéressement de 704 Euros ! Il ne nous reste plus qu’à remercier nos généreux donateurs, les illusionnistes qui sévissent à la CNAM et les GS qui nous ont sorti du chapeau une prime financée par :
- la baisse des effectifs, corollaire de vos "excellentes" conditions de travail,
- la division par deux minimum du montant de l’ancienneté et de la valorisation financière d’une promotion,
- l’exonération des charges qui amputent votre salaire différé de 42,6%,
- et enfin, le blocage de la valeur du point qui a fait perdre à l’attribution d’un pas de compétence 6% de sa valeur en 3 ans !

Acte II - Scène 5

Et pis log – Et pis après ?

Le candidat Patrick a eu un impact mémorable sur l’audience.
Les infos sur les conditions de salaires à la sécu révélées lors des jeux TV valaient bien un JT de 20H.

C’est pourquoi, depuis, chaque soir en prime time est diffusé ce flash spécial…

Méfiez vous des mirages du jeux, vous pourriez être dupés

Par des illusionnistes et de Gentils Signataires

Qui d’un tour de passe- passe

Font du "qui perd gagne "

Le "qui gagne perd " !

Ne restez pas motus et bourses cousues, car seule votre voix peut changer la donne, devenez les maîtres du jeux, public éclairé, pour décider de la fin à réserver à cette misérable tragi-comédie