VIRAGE HUMAIN

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Lettre économique n°46

4 mai, par Lolo

Les services publics : biens communs vitaux

Nous sommes en guerre » déclarait le président de la République au début de la pandémie.

Au-delà de la violence des mots, la formule était appropriée : plus d’un an plus tard, la bataille que le Gouvernement prétendait livrer contre le virus et sa propagation n’est pas gagnée faute de coordination et d’anticipation, alors qu’il a su poursuivre celle contre les services publics en orchestrant des attaques continues sans précédent.

Ces politiques ont été menées tambour battant, au détriment de la population, sans que les citoyens, sidérés par une situation sanitaire inédite, ne réagissent à la hauteur des enjeux.

Le Gouvernement a poursuivi sans faiblir son entreprise de démolition et de privatisation de pans entiers des secteurs publics et semi-publics : santé, énergie, transports, culture ou même financement de l’économie…

En prévoyant par exemple d’ici 2024 la suppression de 10 % des emplois à la Banque de France, dont les moyens humains auront été divisés par deux en un peu plus de quinze ans, nos dirigeants se privent volontairement d’une expertise précieuse en termes de suivi de l’économie et de personnels compétents pour répondre aux sollicitations des usagers, en matière de surendettement notamment.

Au même moment, tout en favorisant le développement des paiements électroniques lucratifs pour les banques commerciales, nos dirigeants sous traitent aux sociétés privées de transport de fonds l’entretien de la monnaie, sans même se soucier de coordonner sur le territoire l’accessibilité du cash pourtant indispensable aux plus fragiles.

Fini donc le service public de proximité pour toutes et tous, vive le numérique et internet, place à un secteur privé affranchi de régulations gênantes, soumis à une
rentabilité maximale et où les conditions d’emploi et de travail des salariés servent de variable d’ajustement !

Au lieu de concentrer leurs efforts à protéger la population contre l’épidémie, nos dirigeants ont délibérément profité de ce moment pour accélérer la destruction des biens communs que sont les services publics, pourtant vitaux, d’autant plus en période de crise, et dont le financement est tout à fait possible : un vrai choix de société.

Nous ne voulons pas d’un champ de ruines social et environnemental au sortir de la pandémie, après la « guerre » contre un virus mortel que nos dirigeants auront bien mal menée tout en s’attaquant assidûment à d’autres cibles.

Mais nous avons confiance en l’avenir car nous disposons de puissants outils de reconstruction : la force de notre Cgt, de ses propositions et de ses militants