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Les liaisons dangereuses de la CFDT

14 mars 2014, par Lolo

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Titre l’article du parisien du 5 janvier 2013.

"Trois poids lourds du syndicat, dont François Chérèque, vont officiellement travailler pour le gouvernement des nomiation qui peuvent faire polémique..."

"...il n’empêche, des liens étroits avec François Hollande ont bien été tissés en coulisse depuis 2009 par Jacky Bontems, 61 ans, l’ancien bras droit de Nicole Notat puis de Françcois Chérèque..."

Après l’ANI, voila le pacte de responsabilité signée par la bande des quatres.
Ces deux accords attaquent le code du travail et la sécurité sociale deux piliers de notre système de protection sociale.


La très chère reconversion de François Chérèque

L’ancien secrétaire général de la CFDT vient d’être intronisé inspecteur général des affaires sociales (Igas). Il percevra 7 257,55 euros net par mois (primes et indemnités incluses).

Le 12 janvier, est devenu président du laboratoire d’idées Terra Nova, considéré comme proche du PS.

le voilà, récemment intronisé inspecteur général des affaires sociales, nommé par Jean-Marc Ayrault superviseur du plan quinquennal de lutte contre la pauvreté.
Il évaluera la pertinence des aides dévolues aux 4,7 millions de Français qui vivent avec moins de 803 euros par mois. Principales mesures : relèvement de 10 % du RSA d’ici à 2017, hausse du plafond de la CMU complémentaire (750 000 nouveaux bénéficiaires), allongement à 12 mois de la durée moyenne des contrats aidés...
Ce plan, financé par des redéploiements budgétaires, coûtera 2,5 milliards d’euros par an à partir de 2017.

La CFDT, "qui prône l’indépendance syndicale" est un vivier de recrutement prospère pour le gouvernement et un interlocuteur privilégié avec le patronat.

Les transferts se sont multipliés :
- Avec la nomination de Laurence Laigo, ex-lieutenant de François Chérèque à la CFDT, comme conseillère de la ministre Najat Vallaud-Belkacem.
- Jacky Bontems, ex-numéro deux de la CFDT et soutien déjà ancien de François Hollande, devrait lui être nommé dans les prochaines semaines au futur Commissariat général à la stratégie.
Mais aussi Madame Nicole Notat, ex-patronne de la CFDT, comme chef de file du groupe de travail d’un groupe de travail pour les assises de l’entrepreneuriat, organisées par la ministre Fleur Pellerin.


A propos de Nicole Notat

Après avoir quitté la direction de la CFDT, la femme à poigne du syndicalisme porte désormais le costume de PDG de Vigéo, sa société qui contrôle les performances sociales des entreprises, est aujourd’hui présente dans quatre pays, celle-ci emploie près de 100 salariés.

Elle a réussi à mobiliser la compagnie financière Eulia (filiale de la Caisse des dépôts), principal actionnaire avec 39 % du capital, ainsi qu’une équipe d’actionnaires regroupant 36 grandes entreprises (la plupart cotées au CAC 40), des gestionnaires et fonds de pension, et même des organisations syndicales ???
Sa structure a ainsi pu collecter la coquette somme de 13 millions d’euros !

En 1995 elle adhère au plan Juppé, qui prévoit une réforme de la Sécurité sociale en profondeur avec notoirement, la main mise de l’Etat, la mise en place des COG, des suppressions de postes importantes et les départementalisations et régionalisations notamment des URSSAF...

La contrepartie immédiate et ce grâce aux votes des patrons
la CFDT prend les différentes présidences de la sécurité sociale.

Elle siège occasionnellement à la Haute autorité pour la lutte contre la discrimination et l’exclusion (Halde) et participe au Groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe, lancé par le Conseil européen.

En janvier 2011, Nicole Notat a succédé à Denis Kessler (1) (le PDG du réassureur Scor) à la tête de l’association « Le Siècle ».
Le principe de cette association un brin particulière ? Réunir régulièrement, à Paris, tout le gratin politique, économique, médiatique ou social autour d’un dîner-débat.
C’est un peu l’endroit où il faut être dans le Paris mondain. Dans l’anonymat du grand public, Nicole Notat assure la présidence de ce groupe atypique.


Un clip qui en dit long

Si l’esclavage existait encore la CFDT négocierait la longueur de la chaîne et la CGT son abolition mais cela n’est plus politiquement correct en période de crise...

S’il persiste des courants s’opposant à la politique libérale de hollande au sein du PS, il y a bien longtemps qu’il n’y a plus de courant s’opposant a l’accompagnement à tout crin au sein de la CFDT.

Le clip d’adhésion à la CFDT est une claque pour toute une génération militante.

On n’est pas étonné que ce clip plaise beaucoup au Figaro, ce clip destiné à" combattre les préjugés sur les syndicats".

Exposer 4 ou 5 malheureux manifestants en train de porter quelques pancartes avec des slogans nuls c’est la caricature que la CFDT donne du syndicalisme.

La CFDT lance un message en direction du patronat, l’action directe c’est bien fini depuis longtemps, on a définitivement tourné la page.

Nous c’est du sérieux, les luttes sociales directes soyez tranquilles la CFDT n’en sera jamais plus, elles sont ridicules d’ailleurs, voyez, on ne se prive pas de se foutre de leur gueule.


Lire l’article du Parisien


(1) Denis Kessler article dans la revue Challenges le 4 octobre 2007 :
"Il s’agit de défaire méthodiquement le programme du CNR"

Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...

A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

A l’époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d’obtenir des avancées - toujours qualifiées d’« historiques » - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.

Ce compromis, forgé à une période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.

Cette « architecture » singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s’adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.

Le problème de notre pays est qu’il sanctifie ses institutions, qu’il leur donne une vocation éternelle, qu’il les « tabouise » en quelque sorte. Si bien que lorsqu’elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d’une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s’érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s’attaquent à ces institutions d’après guerre apparaissent sacrilèges.

Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n’est pas un problème qu’en psychanalyse.