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Ensemble, se donner les moyens de réussir les mobilisations...

9 février, par Lolo

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Lolo
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Lire aussi : Ensemble et partout, un véritable débat pour agir....

Contexte et processus de mobilisation :

En cette période de pandémie nous sommes dans le creux de la vague en terme de mobilisation et de rapport de force, et c’est bien normal tant l’inquiétude du lendemain est grande, aussi bien en matière de santé publique que d’avenir économique et sociale.

Il nous faut donc ensemble profiter de ce moment pour donner une véritable impulsion revendicatrice afin d’installer demain un rapport de force durable favorable aux salariés.

Pour cela partout dans les syndicats nous devons décider de prendre en compte de manière constructive un processus de débat le plus large possible.

Car les décisions politiques ont à n’en pas douter des conséquences importantes sur notre quotidien, c’est pourquoi il faut donner des perspectives revendicatives qui mènent aux succès des actions syndicales.

La Cgt se doit d’être utile au monde salarial, elle a le devoir de jouer un rôle de boussole pour donner une plus grande confiance dans les stratégies à mettre en place.
Gagner une visibilité plus large dans la réalisation d’actions de grèves et de manifestations pour permettre de gagner en progrès social et combattre la régression sociale.

Aujourd’hui face à la pandémie et au télétravail massif, les syndicats Cgt sont en grandes difficultés pour contacter les salariés et les réunir.

Conscients des difficultés pour développer ensemble notre activité syndicale dans cette période incertaine de crise sanitaire, nous devons plus que jamais proposer des lieux de débats le plus large possible, en Visio ou par tous autres moyens à notre disposition dans cette période exceptionnelle.

Mettre en œuvre avec les salariés des initiatives, de rendez-vous qui doivent nous permettre de faire monter le rapport de force dans nos institutions ou en tout cas de tenter de faire émerger une prise de conscience salutaire des salariés sur la situation politique, économique et sociale actuelle et à venir.

Dans ce contexte particulier les camarades des structures professionnelles et interprofessionnelles continuent à aider les syndicats du mieux qu’ils le peuvent par la création et diffusion de tracts, la mise à disposition de matériel de communication, de vidéos mais aussi pour organiser partout ou c’est possible des Assemblées Générales y compris par Visio.

Concernant la distribution des tracts, nous savons qu’il peut y avoir des difficultés pour contacter les salariés, notamment en période de télétravail mais nous savons aussi que certains syndicats avec l’aide des UL, ont pris l’initiative d’aller à leur rencontre et d’organiser ainsi des distributions sur les parkings des centres commerciaux…

Depuis des décennies nous sommes face au rouleau compresseur des gouvernements libéraux au service de la finance et du patronat qui accélèrent la régression sociale du monde salarial pour multiplier les profits captés par un microcosme de nantis, sans pour autant se préoccuper des conséquences humaines et familiales du plus grand nombre.

Comme aimait à le dire mon camarade Jo "Le capitalisme n’en a jamais assez".

C’est certainement pour cela qu’Ambroise Croizat considérait la Sécu comme un conquis social et non comme un acquis.

Force est de constater que de régressions sociales en régressions sociales et face aux répressions toujours plus durs, cela fait naître de la résignation, du repli sur soi, de l’individualisation…

Pourtant collectivement il nous faut impérativement relever la tête et faire front pour notamment faire monter en puissance l’ensemble des revendications syndicales y compris dans l’unité syndicale.

Malgré les divergences réelles qui existent entre les organisations syndicales, nous devons tenter à toushttp://www.viragehumain.fr/spip.php... les niveaux d’élargir le mouvement social.

Cela peut notamment passer, comme dans les secteurs de l’énergie, par décider de manière concertée avec les autres organisations syndicales de ne plus participer aux réunions d’instances pour à la fois montrer notre désaccord profond sur les politiques mises en place et également privilégier le travail de proximité.

L’heure est à la mobilisation de toutes nos forces pour réussir ensemble des mouvements sociaux à la hauteur des enjeux afin de permettre un vrai processus de lutte à long terme pour faire aboutir l’ensemble de nos légitimes revendications…

Suite à l’initiative de l’UD de l’Allier, voici un rappel des actions à mener pour la mise en place d’une journée de mobilisation.
Merci à eux pour cette production.

Réussir une journée d’action :
Il n’est pas rare d’écouter, lors de nos réunions, voire de le lire dans certaines publications de quelques organisations, qu’une journée d’action ne servirait à rien, que les manifestations sont inutiles, etc...

Réaffirmons sans détour qu’une journée d’action, qu’elle soit dans l’entreprise ou dans sa dimension interprofessionnelle, n’est jamais inutile. Mettre les salariés en mouvement, en grève et manifestation (ne serait-ce qu’une journée) ne doit jamais être minimisé, laissons cela au camp d’en face.

Pour autant, pour réussir une journée d’action, de mobilisation, de grève et de manifestation, celle-ci doit être préparée en amont (ne pas se cantonner à la seule participation militante à la manifestation du jour qui, quelques fois, peut être frustrante parce que pas à la hauteur des enjeux).

Nous vous proposons une liste non exhaustive de toutes les choses à faire pour mettre toutes les chances de notre côté pour réussir une journée d’action.

Réussir une journée d’action :
- Réunir les militants (élus et mandatés) pour être au même niveau d’informations, les partager et définir le plan d’action à mettre en place.
- Avoir une adresse particulière envers tous nos syndiqués pour les informer et les impliquer davantage dans la mobilisation. Cela peut être, selon les délais ou le moment de l’année : lors d’une AG ; d’un congrès ; d’une journée spécifique d’information et/ou de formation ; à travers un courrier personnalisé.
- Utiliser les « heures d’information syndicale » et là où cela est possible mettre en place des permanences syndicales dans les entreprises pour que les salariés puissent venir s’informer.
- Organiser des tournées syndicales dans les services, les ateliers, les chantiers pour rencontrer les salariés sur leur lieu de travail.
- Distribuer et commenter les différents matériels reçus de nos Fédérations et de la
Confédération.
- Réaliser un ou des supports locaux alliant les particularités du site aux revendications plus générales exprimées dans les tracts nationaux.
- S’adresser à la population : distribution de tracts, conférence de presse, débat public…
- Prendre appui sur nos syndiqués pour les rendre acteurs à travers la distribution de tracts, la mise à jour régulière des panneaux syndicaux et la participation active aux tournées syndicales.
- Adopter un calendrier précis pour le déroulé de ce que nous avons à faire, selon la stratégie retenue collectivement : pourquoi ? avec quoi ? quand ? comment ? pour qui ? avec qui ?
- Définir les modalités exactes de la mobilisation : rassemblement, manifestation ? demande d’audience ? actions dans l’entreprise ? actions hors de l’entreprise ?
- Déposer un préavis dans les délais.
- Demander des audiences et/ou entrevues à nos directions d’entreprises, aux représentants de l’Etat, aux élus locaux, etc…
- Réfléchir à l’organisation du déroulé de la journée de mobilisation avec proposition d’un programme afin que les salariés soient présents et les rendre actifs.
• Réfléchir aux moyens : piquet de grève ? assemblée des salariés dans l’entreprise avec débat revendicatif ? visite à la direction si cette dernière n’a pas souhaité répondre positivement à la demande d’audience ? élargissement des revendications à l’extérieur avec distribution de tracts à la population ? avec participation aux actions interprofessionnelles ? organiser un moment convivial au cours de la journée ?
- Organiser un collectif de militants et de syndiqués qui ont en charge une ou des activités bien déterminées pour mener à bien cette ou ces journées de mobilisation.
- Faire remonter toutes les informations à l’UD et la FD

Jour J de la journée d’action :
- Le jour J, présence indispensable de tous les élus et mandatés sur la journée pour mener, coordonner les actions décidées en amont, dont ils sont en charge et assurer le relais auprès des syndiqués et des salariés.
- Commencer la journée d’action sur le lieu de travail, organiser une AG, décider ou mettre en œuvre ce qui a été décidé (piquet de grève, délégation pour aller rencontrer les employeurs, etc.…), mettre à profit les heures avant la manifestation pour continuer d’aller informer les salariés pour gagner celles et ceux encore indécis ou pas informés.
- Appeler à participer à la manifestation derrière la banderole du syndicat, sortir et faire porter les drapeaux CGT, les chasubles, porter les badges, etc...

Après la manifestation :
- Prévoir une assemblée de fin de journée des personnes mobilisées pour faire le point, voir ce qui a fonctionné ou pas et déterminer la ou les suites à donner (prendre le poult).
- Aller chercher de manière précise les taux de gréviste.
- Faire remonter les informations à l’UD et la FD
- Tirer un bilan de notre action.

Trop souvent nous ne procédons pas l’analyse critique de nos réalisations de temps forts d’action.
Qu’est-ce qui a n’a pas fonctionné ? Pour quelles raisons identifier ? Que pourrions-nous améliorer pour plus d’efficacité la prochaine fois ? Autant de questions qui ne sont pas superflues, loin de là !
En effet, nous avons souvent tendance à nous lamenter sur nos échecs mais jamais de mettons en avant ce que nous avons fait reculer voire freiner et encore moins gagner.
Quel crédit peuvent apporter des salariés à une activité syndicale que nous-mêmes, par notre silence nous cautionnons comme étant inefficace ?

Conclusion
Réussir une journée d’action passe donc par de nombreuses choses à ne pas négliger.
Les mettre en œuvre n’est pas l’assurance à 100 % de réussir, mais une certitude, ne pas préparer une journée d’action (par exemple se limiter à un simple affichage sur les panneaux syndicaux), c’est aller à coup sûr à un échec.

« Celui qui combat peut perdre,
mais celui qui ne combat pas,
a déjà perdu »

Bertolt BRECHT