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Marche des libertés : Stop à la dérive autoritaire...

28 novembre 2020, par Lolo

Déjà des milliers de personnes avait manifesté à Paris, Rennes et Lyon contre la proposition de loi de “sécurité globale” mardi 17 novembre à l’appel des organisations syndicales et de défense des droits humains.

Ce samedi 28 novembre 2020, de très nombreuses manifestations sur le territoire contre cette nouvelle loi liberticide du gouvernement Macron 500 000 selon les organisateurs et 200 000 à Paris, plus de 30 000 en Auvergne Rhône-Alpes.

L’Assemblée nationale a adopté, mardi 24 novembre en première lecture, la proposition de loi controversée sur la "sécurité globale", dont l’article 24 est très critiqué.

Macron fait le pari que la société française à basculé très largement à droite et fait de son Ministre de l’intérieur proche de Sarkozy sont fer de lance pour l’élection de 2022, avec deux 1er ministre de droite il confirme et assume sa politique antisociale, conservatrice et droitière...

Pourtant, nombreux sont ceux qui alerter la population française sur "les conséquences dangereuses pour les libertés individuelles" d’une dérive sécuritaire d’un Ministre de l’intérieur qui porte le dogme droitier du tout sécuritaire soutenu par le FN.

Cette manifestation dénonce une loi liberticide qui menace la liberté d’expression, le droit à manifester et le droit à la vie privée.

« Nous sommes inquiets de la lente déliquescence de l’Etat de droit, qui semble mener à un Etat de police », expliquait Arie Alimi, membre du bureau national de la Ligue des droits de l’Homme.

La Défenseure des droits, Claire Hédon, s’est également emparée du sujet qui a plusieurs reprises elle a exigé le retrait du texte, ne le jugeant « pas acceptable » et « inutile ».

Le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU « L’information du public et la publication d’images et d’enregistrements relatifs à des interventions de police sont non seulement essentiels pour le respect du droit à l’information, mais elles sont en outre légitimes dans le cadre du contrôle démocratique des institutions publiques ».

Ce texte concerne aussi la polices municipales, sécurité privée avec la proposition de loi d’une série de mesures sécuritaires pilotées par la place Beauvau.
En dehors de l’article 24, des dispositions sur les caméras piétons ou l’utilisation des drones suscitent l’inquiétude.

Pour rappel :
- Le premier volet élargit les pouvoirs de la police municipale, qui remplira davantage le rôle d’une police de proximité, chargée de lutter contre la petite délinquance.
- Le deuxième volet concerne la régulation du secteur de la sécurité privée, dont le contrôle est très complexe.
Ce secteur est appelé à exploser dans les années qui viennent avec de plus en plus de tâches auparavant dévolues à la police.
- Le troisième volet concerne « la protection » des policiers et gendarmes et notamment sur l’interdiction de diffusion des images de policiers à des fins malveillantes, mais aussi l’impossibilité pour un individu auteur de violences contre les forces de l’ordre de bénéficier de remises de peine.
Il y a également une série de dispositifs annexes comme la limitation de la vente de mortier d’artifice à des mineurs.
Il y a enfin deux dispositifs : l’élargissement de l’usage des drones dans les opérations de maintien de l’ordre (et de l’usage des vidéos ainsi prises) et l’élargissement de l’usage des vidéos prises avec les caméras-piétons des fonctionnaires.

La liberté d’informer n’est pas la seule liberté menacée par cette proposition de loi, qui élargit également la possibilité pour la police d’avoir recours aux caméras piétons (article 21) ou aux caméras « aéroportées », notamment les drones équipés de caméras (article 22).

Mais aussi l’élargissement des missions des agents de sécurité privée, qui se verront confier des missions de service public, tandis que les polices municipales se voient dotées de prérogatives importantes qui relèvent pourtant des missions de l’État.

L’article 25 de la proposition de loi prévoit qu’un fonctionnaire ne pourra se voir refuser d’entrer dans des lieux publics lorsqu’il porte une arme en dehors de son service.

Cet ensemble de dispositions concourt à un processus de privatisation à peine déguisée qui remet en cause les principes d’égalité.

En 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme le droit inaliénable à la sûreté qui protège les citoyens de l’arbitraire de l’État et l’immunise contre les arrestations ou les emprisonnements arbitraires.
Le tout sécuritaire ne peut être la réponse à la crise que traverse notre société.

Ce texte représente une nouvelle remise en cause de la liberté de manifester.

L’utilisation de caméras et drones permettant la reconnaissance faciale des militant.es lors de manifestations constitue un outil supplémentaire de surveillance généralisée.

L’élargissement des missions des agents de sécurité privée, qui se verront confier des missions de service public, tandis que les polices municipales se voient dotées de prérogatives importantes qui relèvent pourtant des missions de l’État.


Les casseurs servent, le pouvoir sécuritaire et son corolaire de Loi liberticide, pourtant c’est bien la casse sociale qui conduit notre société à être de plus en plus violente.