VIRAGE HUMAIN

Accueil > Questions Economiques > Notes ECO > Note Eco n°156 

Version imprimable de cet article IMPRIMER

Note Eco n°156

23 octobre 2020, par Lolo

Note Economique n°156 d’octobre 2020

Le Smic a 50 ans : le comprendre et le défendre

Cette année est celle du 50e anniversaire de la création du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), l’occasion de rappeler quelques « fondamentaux » concernant ce minimum salarial et de revenir sur l’actualité des attaques dont il est l’objet.

LE SMIC, UNE INSTITUTION ANTICAPITALISTE

Un « petit » rappel : le système dans lequel nous vivons – personne ne le
conteste, même les tenants du libéralisme économique – est le capitalisme.

L’un de ses principes fondamentaux est la recherche systématique du profit
tout d’abord obtenu grâce à l’appropriation par les détenteurs des moyens
de production d’une part maximale de la plus-value tirée de l’exploitation de
la force de travail.

Dans ce système économique et social, le travail représente toujours, pour les
capitalistes et leurs thuriféraires, un « coût ». Sa rémunération doit donc
être réduite au minimum1 , et l’un des moyens d’y parvenir est la promotion
de la liberté du marché, en particulier du travail, soit de la mise en concurrence des travailleurs. La masse salariale est donc LA variable d’ajustement, et ses deux composantes – le salaire et l’emploi – sont constamment mises en opposition.

Cette réalité essentielle explique les attaques obsessionnelles dont le salaire
minimum interprofessionnel garanti (Smig) puis le Smic sont l’objet depuis
leur création. Les conditions d’instauration de ces minima ne doivent d’ailleurs rien à une quelconque volonté du patronat d’améliorer le sort des salariés, mais tout à la mobilisation de ces derniers :
- tout comme la création de la Sécurité sociale en 1945, celle du Smig en
février 1950 participe de la mise en œuvre du programme du Conseil national de la Résistance (2).
Elle apparaît aussi comme le pendant, la contrepartie du retour à la libre négociation des conventions collectives et à la liberté des salaires3 ;
- la création du Smic en 1970 s’inscrit-elle dans la continuité de mai 1968 et des accords de Grenelle.

Ceux-ci décident d’une hausse de 35 % du Smig destinée à combler son décrochage par rapport au salaire moyen, et l’instauration du Smic vise à éviter que la situation
ne se reproduise.

Bien entendu, l’analyse du capitalisme, système agité de contradictions, se doit
d’être dialectique.
Il convient donc de garder à l’esprit que si pour eux le travail représente nécessairement un coût, les capitalistes sont aussi confrontés à la nécessité de contrôler, mobiliser, organiser la force de travail, et ce afin de pouvoir l’exploiter.

La conception CGT du Smic est opposée à celle-ci. En effet, la CGT accorde, elle,
la priorité à la reproduction de la force de travail et à la satisfaction des
besoins, et de là, fort logiquement, à la consommation.

Elle ne méconnaît cependant pas l’importance de l’investissement, privé, mais aussi public, autre facteur de la demande adressée au système productif.

Autre distinction essentielle, concordante, la CGT défend un Smic mensuel, et non pas horaire. Pour elle, son montant devrait être de 1 800 € bruts.

Depuis janvier 2020, il est de 1539,42 € pour 151,67 heures de travail par mois,
soit 35 heures hebdomadaires.