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Ambroise Croizat, le créateur de la Sécurité sociale dont l’histoire, au service du capital, a voulu effacer le nom…

7 octobre, par Lolo

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Octobre 2020, c’est le mois des 75 ans de la Sécu, et pourtant jamais l’avenir du système de protection sociale et du système de santé Français n’ont été autant en danger.

Après avoir été massacrées depuis des décennies par les politiques libérales, elle fait aujourd’hui face au coût démesuré des choix politiques face à la pandémie de Covid-19.

J’en veux pour exemple, entre autres, l’ensemble des exonérations de cotisations accordé ainsi que le coût du dépistage sans ordonnance, 73 euros entièrement remboursé aux laboratoires et les milliards distribués à l’industrie pharmaceutique…

Pourtant en 2008 et 2020, la protection sociale a été un formidable amortisseur des crises du capitalisme évitant à des millions de personnes de sombrer dans l’extrême pauvreté en perdant tout, y compris la vie…
La pandémie nous a montré combien la prise en charge par la Sécurité sociale des frais de santé et la capacité des personnels de l’hôpital public à s’adapter étaient cruciales.

Ce sont les décisions politiques "ultra-libérales", qui favorisent le patronat et défavorisent la solidarité en accentuant la charité malsaine, qui mettent en danger la vie de millions de Français et surtout des plus précaires, "CASSE de la SECU et du SYSTEME de SANTE".
Pourtant, jamais nous n’avons eu autant besoin de la Sécurité sociale issue du CNR.

La sécurité sociale a été un des plus grands conquis sociaux d’après-guerre, ce qui explique que le patronat et les différents gouvernements libéraux qui se sont succédés ont tenté d’effacer le nom du constructeur de la plus grande avancée sociale de notre époque, c’était sans compter avec la Cgt.

Sous prétexte qu’Ambroise Croizat était un politique et militant humaniste et engagé, Ministre issu du parti communiste et militant fédéral Cgt métallurgiste, on lui a préféré le nom du Directeur général de l’époque.

Si la Sécurité sociale fut élaborée par le Conseil national de la résistance (CNR) en 1944, sa création résulte des ordonnances des 4 et 19 octobre 1945, rédigées à l’initiative d’Ambroise Croizat.

Ce fils d’ouvrier né en 1901 en Savoie et forcé d’aller travailler à l’usine à 13 ans lorsque son père est appelé au combat en 1914, est l’un des fondateurs de la Sécurité sociale que nous connaissons aujourd’hui.

En deux ans, il abat un travail de titan avec la création de l’assurance maladie, la médecine du travail, les comités d’entreprises, le système de retraite, les allocations familiales, le statut des mineurs et la réglementation des heures supplémentaires.

Pour autant, le mérite en est souvent attribué au Président de Gaulle et Ambroise Croizat devient le ministre "oublié".

Cet oublié volontaire que peu de Français connaissent aujourd’hui, alors que 65 millions d’entre eux bénéficient de sa protection sociale a pourtant été la fierté d’un pays, lors de son enterrement c’est plus d’un million de personnes qui l’ont accompagné jusqu’à sa dernière demeure.

Le travail de nos camarades Cgt porte ses fruits, aidé par l’implication de Michel Etiévent, écrivain, historien, journaliste qui travaille à rétablir sa mémoire, ainsi que le magnifique film « La sociale » réalisé par Gilles Perret.

Surtout pour nous rappeler ses derniers mots à l’Assemblée Nationale qui résonnent encore : "Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès", comme un avertissement pour que jamais la sécurité sociale ne soit livrée au privé.

Il nous faut, certes, nous souvenir et rendre hommage à ces hommes importants qui ont fait l’histoire du pays et celle de la Cgt, cependant il nous faut aussi sortir de cette tendance passéiste, pour regarder le présent et nous tourner vers l’avenir.

Parlons de l’avenir de la Sécu par exemple, la Cgt doit lancer l’ensemble de ses forces dans la bataille pour conquérir la sécurité sociale du 21ème siècle, la Sécu intégrale ou le 100% Sécu doivent voir le jour très rapidement et ce grâce à la transformation d’une société plus humaine en luttant contre tous les maux du capitalisme car « nos vies valent plus que leurs profits ! ».

La nécessité d’être plus fort encore et plus que jamais présent alors que le « ruissellement » sous Macron c’est la fortune assurée pour les 0,1% des plus riches alors que la pauvreté explose, et que les "classes dites moyennes" trinquent massivement.

Deux rapports paru début octobre 2020, nous apprennent que la fortune des milliardaires français a augmenté de 439% ces dix dernières années avec la suppression de l’ISF et de la « Flat Tax » initiés dès le début du quinquennat Macaroniste en remerciement de sa victoire, et qui a eu pour conséquences de faire s’envoler les revenus des 0,1% les plus riches, notamment à travers l’explosion de dividendes, alors que la pauvreté s’accentue dans le pays, poursuivant aveuglement dans la théorie du « ruissellement » soit dans son nouveau "plan de relance", des milliards pour les entreprises, et des miettes pour les salariés et les ménages.

Or force est de constater que la Cgt recule pour la première fois de son histoire à la deuxième place de l’échiquier syndical, de plus nous avons frisé "la correctionnelle" à l’élection de Pôle emploi, loin d’être dans les premiers à la MSA, quand à la Sécu les résultats des élections des CSE ne nous placent plus qu’à 2,3 pts de FO...

Pourtant la force de la Cgt, ce sont ses adhérents et c’est avec eux qu’il faut construire l’avenir et cela passe par la réappropriation de l’organisation du travail à l’entreprise et l’implication dans la cité.

Il nous faut travailler ensemble à être présent partout, nous déployer là où nous sommes absents en renforçant l’entraide...

L’urgence passe par le renforcement du militantisme, l’adhésion massive à la Cgt, le résultat aux élections et le nombre de salariés qui répondent présents lors des appels à la grève pour créer le rapport de force nécessaire, pour conquérir de nouveaux acquis au lieu de voir reculer ceux déjà conquis.