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La Qualité de vie au travail : Une affaire d’expert...

29 juin, par Lolo

Depuis la signature de l’ANI QVT-EP en 2013, des entreprises et des branches ont réalisé des démarches Qualité de vie au travail.

Le 28 août 2018, le rapport de Mme Charlotte Lecocq (1) sur la santé au travail à été remis au 1er ministre Voir l’article sur VH...ICI
L’IGAS (2) a rendu un rapport en février 2020 sur l’évaluation des services de santé au travail interentreprise (SSTI).

L’ouverture de cette négociation sur la qualité de vie au travail (QVT), c’est faite lundi 15 juin 2020, entre le patronat et les syndicats, avec l’envoi préalable par le gouvernement d’une feuille de route (3).

Une négociation qui s’ouvre alors même que les CHSCT ont été supprimés par ce gouvernement et que dans la période du COVID-19 on a pu constater la difficulté des membres des nouveaux CSE à s’emparer de ces questions importantes de santé au travail dans un contexte de crise sanitaire et de confinement généralisé...

La volonté gouvernemental de sécuriser les employeurs et l’amoindrissement systématique d’intervention des élus sur ces questions cruciales depuis les Loi Rebsamen du 17 août 2015, Loi travail El Khomri de 2017, ainsi que les ordonnances travail Macron de 2019, ont petit a petit rendu très difficile, voir quasi inexistante le recours aux expertises.

Les élus de moins en moins nombreux, sont donc de plus en plus démunis sur ces thématiques et l’employeur concentre volontairement l’intervention des CSE sur beaucoup d’autres sujets...

A la main des employeurs, les conditions de travail se dégradent fortement, ll est à déplorer que la question du travail soit devenue une affaire d’expert, qui met en difficulté les élus, syndiqués, salariés avec la mise en place des CSE...

Et quand problème il y a, il est malheureusement systématiquement renvoyé à l’individu et non à la responsabilité collective de l’organisation du travail dans l’entreprise, ainsi le chef d’entreprise est de plus en plus dégagé de toutes responsabilités.

Cependant pas encore suffisamment, car a en croire le gouvernement, il souhaite aller plus loin dans la sécurisation de TPE/PME...

Pourtant prendre en compte les conditions de travail est un facteur décisif de réussite pour les entreprises, les salariés et pour toute la société.

Nouvelles technologies, nouvelles formes et organisations du travail, prolongement des carrières, compétition économique renforcée…
Les défis constants auxquels sont confrontés les salariés et les entreprises, et plus particulièrement les petites et moyennes entreprises, sont complexes et conséquents.
L’amélioration des conditions de travail est un facteur décisif de réussite pour y faire face pour les entreprises, les salariés et pour toute la société.

Il est impératif d’agir pour une prise en compte systématique des conditions de travail dans le traitement des questions sociales avec tous les acteurs de l’entreprise et les experts compétant en la matière.

Il faut avec les élus, les salariés, développer et proposer des démarches, méthodes et outiller l’ensemble des acteurs afin d’améliorer les conditions de travail en agissant notamment sur l’organisation du travail.

Il est nécessaire de conduire une activité de veille et d’étude quasi régulière sur les enjeux et les risques liés aux conditions de travail afin d’aider les acteurs dans ces actions à mener pour mieux appréhender les besoins émergents pour éclairer les choix et les prises de décision dans l’intérêt des salariés.

Encore une fois cette négociation, sans une prise de conscience collective sur les enjeux d’organisation de travail, risque fort d’accoucher d’une sourie, personne n’a intérêt à consentir une nouvelle reculade, dramatique pour les conditions de travail déjà bien dégradées.

Les bases Cgt ensemble doivent reprendre la main sur ces questions, il est urgent d’interroger le travail, les salariés… :
- Pour se réapproprier l’activité professionnel ;
- Pour mieux se former ;
- Pour notamment faire évoluer les classifications,
- Pour la reconnaissance financière ;
- Pour évoluer tout au long de sa carrière professionnel ;
- Pour prôner le travail réel face au travail prescrit chéri par tous les employeurs dans toutes les négociations.

Devenons décideur de notre travail et acteur de notre parcours professionnel.

La perte de sens au travail est dramatique à vivre pour les salariés qui demandent majoritairement à "bien travailler", fliqués, contrait par des process inadaptés et affligeants décidés en haut, "le mal travail" entraine un coup important pour la santé et pour la société.

Il est grand temp de stopper net, la reprise en main patronale exercée depuis des décennies, seul décideur et seul mettre a bord, l’organisation du travail, est l’affaire de tous et toutes.