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Lettre économique n°35

20 février, par Lolo

La lettre économique n°35 de janvier/février 2020

5 problèmes économiques fondamentaux pour 2020

Le début d’année est propice au bilan de l’année passée, particulièrement dévastatrice socialement, en France et au-delà.
C’est aussi l’occasion de se prêter à l’exercice de la prospective.

L’économie mondiale en 2020 sera impactée par cinq points fondamentaux, sur lesquels le Pôle éco continuera à apporter des éclairages :
- la crise environnementale, qui s’accentue et à laquelle nous n’avons toujours pas le moindre début de réponse crédible de la part des gouvernements de la planète ;
- l’économie européenne, caractérisée par une croissance structurellement molle et des déséquilibres criants entre pays.

Trois pays sont à surveiller tout particulièrement : le Royaume Uni, dans le cadre du Brexit, l’Italie, qui fait toujours figure « d’homme malade » de l’Union européenne, et l’Allemagne, dont le modèle de croissance est à bout de souffle.

C’est peu dire que l’avenir de la Zone Euro est incertain ;
- l’économie chinoise, dont la croissance repose sur un endettement privé colossal et qui est à la croisée des chemins :
soit elle prend durablement la place de première économie du monde et contribuera à réorganiser profondément la structure des échanges mondiaux, contestant l’hégémonie américaine, soit elle se révèle colosse aux pieds d’argile, avec une stratégie de croissance qui n’est pas viable, et une transition vers le marché intérieur qui tarde à se concrétiser ;
- l’évolution de l’économie numérique et ses deux conséquences majeures : sur le travail et son organisation, comme le retour du « tâcheronnage », avec le paiement à la course ou le morcellement du travail – autant de formes atypiques de travail qui interrogent en profondeur la démarche syndicale.

Sur la fiscalité ensuite, du fait de la grande difficulté à taxer les géants du numérique.
Il est presque acté que la « taxe Gafa » – dont la proposition française est déjà largement insuffisante – sera rejetée par les Américains ;
- demeure enfin la plus dangereuse des questions à court terme : la possibilité d’une crise financière absolument majeure, dont on ne sait pas si ou quand elle éclatera, mais dont les fondements sont déjà là : inégalités mondiales importantes (particulièrement au sein des économies avancées), secteur bancaire fragile, endettement privé important…

Autant de raison d’être, comme le FMI, inquiet pour la stabilité financière mondiale. Face à ces chantiers qui viennent s’ajouter au combat du moment pour défendre les retraites et notre Sécu, notre arsenal revendicatif s’affine.
La conjonction des urgences sociale, économique et climatique nous invite à étendre et renforcer nos propositions.
Le pôle éco prendra toute sa part dans cette démarche, dans la ligne des orientations confédérales et au service de nos organisations.