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Lettre économique n°37

3 juin, par Lolo

La Lettre Economique n°37 de mai 2020

À quand la démocratie économique ?

Selon l’OIT, des centaines de millions de travailleurs à travers le monde seront lourdement impactés par la crise.
Voilà la réalité du jour d’après. La réponse apportée par la CGT doit être de deux niveaux, celui du « carreau cassé » et celui de la transformation sociale globale.
Les syndicats d’entreprises, épaulés par leur fédération, leur UD et la Confédération, sauront relever le premier défi.
Mais allons-nous nous autoriser à imaginer et proposer des lendemains désirables ?

S’agissant de l’économie, nul doute que nous porterons des revendications sur le rétablissement de l’ISF, une TVA moins injuste, des aides publiques conditionnées et contrôlées, la création d’un pôle financier public…
Mais est-il raisonnable d’en rester là ?
Nous pouvons partager deux constats.
D’une part, l’actionnaire n’est propriétaire que de ses actions, son seul objectif étant d’accroître leur valeur en jouant sur le prétendu coût du travail.
Cette vision de très court terme est évidemment néfaste pour les travailleurs, l’entreprise mais aussi la société.
D’autre part, le travailleur est l’expert de son travail, lui seul possède la connaissance de la réalité du travail qu’il effectue, « le travail réel ».

La conjugaison de ces deux constats amène à s’interroger sur ce qu’est réellement l’entreprise, sur ses composantes.
Elle impose aussi de distinguer l’entreprise de ses apports extérieurs, notamment financiers.
En d’autres termes, nous devons nous interroger sur la propriété de l’entreprise.

Dans une période pas si lointaine, la réponse française à cette question fut notamment celle des nationalisations. Nous sommes aujourd’hui plus réticents à confier à l’État, par nature versatile, la gestion d’entreprises stratégiques. De plus, les nationalisations n’ont pas solutionné la question de la place des salariés dans la gestion de leur outil de travail.
L’urgence sociale et climatique nous invite à envisager d’autres voies.
L’idée d’une propriété collective de l’entreprise, par sa collectivité de travail, pourrait être explorée sous différents prismes.
Qui mieux que les salariés-citoyens pour penser une production pérenne et respectueuse de l’environnement, appliquer de hauts standards sociaux et participer au financement de la Sécurité sociale ?