VIRAGE HUMAIN

Accueil > Un Choix de Société > Macron en "Père de la nation" 

Version imprimable de cet article IMPRIMER

Macron en "Père de la nation"

13 mars, par Lolo

Selon l’OMS, l’Europe est désormais l’épicentre de la pandémie, et dans le même temps les places boursières dévissent.

Lors de son allocution télévisée E. Macron a annoncé aux Français un certain nombre de premières mesures qui, suivant l’évolution de l’épidémie en appellera d’autres face à « la plus grave crise sanitaire qu’ait connue la France depuis un siècle » :
- Fermeture de toutes les crèches, établissements scolaires et universités à partir du 16 mars et ce jusqu’à nouvel ordre.
- Mesures économiques « exceptionnelles » pour les entreprises avec report des impôts et cotisations… Et certainement beaucoup d’autres à venir...
- Mise en place pour les salariés du travail à distance, quand c’est possible, et soutien du chômage partiel pour éviter les licenciements.
- Limiter "au strict nécessaire’ les déplacements et interdire les rassemblements de plus de 100 personnes

Mesures sommes toutes limitées, car E. Macron annonce le maintien des élections municipales et donc la fenêtre des 10 jours entre les deux tours ne sera pas mise à profit pour prendre les décisions d’urgence sanitaire, prises par certain pays.

L’objectif n’est pas d’empêcher la pandémie, mais bien de limiter le nombre de cas grave dans un temps réduit alors même que l’offre de soins a été très dégradée par les différents gouvernements successifs.

La question, n’est pas de savoir quel sera le nombre de personnes contaminées, A Merkel a annoncée « entre 60 et 70% de contaminations possibles en Allemagne », mais bien la capacité de la France à limiter de manière importante le nombre de morts.

La protection sociale comme amortisseur de la crise en danger...
La mise en place des nouvelles mesures pour les précaires et les chômeurs suite à la Loi Macron sur l’assurance chômage pour faire des économies sur le dos des plus pauvres aux profits des plus riches dénoncées par la Cgt va avoir des conséquences graves pour les demandeurs d’emploi.
Une réflexion de report de cette mauvaise mesure est envisagée...

Et le chef d’Etat d’évoquer « La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies, quoiqu’il en coûte ».

Et la santé gratuite en « dehors des lois du marché » : « Ce que révèle d’ores et déjà cette pandémie, c’est que la santé gratuite, sans condition de revenus, de parcours ou de profession, notre Etat-providence, ne sont pas des coûts ou des charges, mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe ».

De belles paroles, qui font du bien à entendre dans cette période anxiogène, même dans la bouche du Président des ultra riches au service du libéralisme et de la finance, qui accentue les inégalités sociales.


Il y a pourtant 75 ans, un homme, Ambroise Croizat crée "La Sécurité sociale, pour protéger "les travailleurs et leurs familles" contre les aléas de la vie, de la naissance à la mort.
Une sécurité sociale voulue par le CNR où « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins ».

Depuis, dans la continuité de ses prédécesseurs, sous l’œil avisé du Medef, le gouvernement Sarkozy/Fillon puis le gouvernement Hollande/Valls, n’ont eu de cesse de détruire la Sécurité sociale et l’hôpital public au nom d’un libéralisme décomplexé, avec une mise en concurrence comme dans une entreprise privée, au mépris de la santé public, dégradant l’offre de soins.

La réalité c’est malheureusement :
Des fermetures d’hôpitaux et de services, des déserts médicaux, 17.500 lits de moins depuis 2003, avec des personnels sous tension et en souffrance depuis des années et, après avoir tiré la sonnette d’alarme dans le mépris le plus total, suivi ces derniers mois de grèves généralisées en milieu hospitalier...
Voilà les conséquences d’une rigueur budgétaire imposée aux hôpitaux par la tarification à l’acte.

« Quoi qu’il en coûte… », c’est surtout une annonce aux oreilles des entreprises et du capital qui voit le marché boursier chuter de manière drastique, et que la majorité des économistes avait prédit et ce, sans le covid-19.

L’économie va mal et le capitalisme libéral qui s’est gavé, est en danger et une nouvelle fois comme en 2008, les citoyens vont payer très cher la facture pour sauver les ultra-riches et le coût du capital.
Encore une fois, il faut socialiser les pertes alors que depuis des années les profits eux ont été privatisés.

Pour rappel :
En 2008, 15 jours avant la crise des subprimes, Sarkozy annonçait que la France n’avait pas « un sou pour le social » et trouve miraculeusement des milliards pour renflouer les banques en dégradant la dette public pendant des années.


Pour l’heure...
Ce 13 mars, alors que nous ne sommes qu’au début de la pandémie, on annonce 3.661 contaminé(e)s 79 morts et 154 cas graves.

118 pays sont frappés par cette pandémie, le pic en France est annoncé dans les 10 prochains jours, sur le nombre de contamination on semble suivre la courbe italienne, même si certains annoncent déjà qu’elle risque d’être dépassée sur notre territoire.

Alors même que la Cgt dénonce depuis de nombreuses années que la sécurité sociale et l’hôpital public sont en danger face aux politiques libérales destructrices du bien commun, encore une fois l’heure est à la mobilisation des personnels pour limiter le nombre de décès.
Merci à eux car si les experts parlent librement de pourcentage, pour ceux décédés c’est du 100%.

LA SANTE N’A PAS DE PRIX... A BON ENTENDEUR...