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En s’attaquant aux URSSAF, le gouvernement veut-il detruire la SECU ?

mardi 28 août 2018, par Lolo

Du collecteur social unique à l’agence unique du recouvrement.

Le Gouvernement continue dans sa logique de démantèlement de la Sécurité sociale !

Après la réduction des prestations familiales, après l’annonce de substituer à l’actuel régime de retraite par répartition un régime de retraite par points, le Gouvernement par la voix de M. Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, déclare : « à terme, c’est-à-dire dans ce mandat, nous devrons opérer le rapprochement entre le recouvrement réalisé au sein des sphères Etat et de la sphère sociale par la constitution d’une agence unique du recouvrement. » En d’autres termes, cela reviendrait à fusionner les Urssaf avec les services des Impôts.

Les cotisations sociales jusqu’alors recouvrées par les Urssaf sont destinées exclusivement au financement de la Sécurité sociale. Les placer dans le même pot commun que l’impôt permettra au Gouvernement d’y puiser à sa guise.

Cela fragilisera la Sécurité sociale et favorisera son démantèlement.

Après la tentative avortée (1), à l’occasion de la réforme constitutionnelle, de remplacer la notion juridique précise de « Sécurité sociale » dans notre Constitution par l’expression floue de « protection sociale », le Gouvernement ne désarme pas.

Le fait de mélanger les cotisations sociales avec l’impôt permet de remettre en cause la gestion paritaire de la Sécurité sociale et sa logique solidaire au profit d’une logique marchande.

Tous ces bouleversements n’augurent rien de bon alors que les personnels de nos organismes ont déjà connu une dégradation de leurs conditions de travail au cours des différentes réorganisations des réseaux.

Dans les Urssaf, comme dans tous les organismes de Sécurité sociale, avec la pression budgétaire exercée par la tutelle se traduisant notamment par la réduction drastique des effectifs, le personnel ne pourra plus assurer les
missions de service public digne d’une Sécurité sociale telle que l’avait envisagée le Conseil National de la Résistance.

La Cgt, pour la défense de notre Sécurité sociale fait des propositions :

- Rétablir les principes d’un financement par le salaire socialisé,
- Mettre fin aux exonérations de cotisations sociales,
- Le droit à une Sécurité sociale à 100 % pour la santé, la famille, l’emploi, la retraite et la perte d’autonomie,
- Une politique en faveur de l’emploi et des salaires qui devra rompre avec la financiarisation de l’économie.

En savoir plus…

(1) Tentative avortée, grâce à la campagne mené par l’humanité…

Un mot, dans une Constitution, ça compte énormément.
Les fondamentaux d’un pays peuvent être balayés en s’attaquant à quelques lettres.
La Macronie s’y emploie : elle a décidé de supprimer toute référence à la Sécurité sociale dans la Constitution.
Comme si de rien n’était, la commission des Lois a profité du chantier de la réforme constitutionnelle pour faire disparaître l’un des piliers de notre République et de notre modèle social de la loi fondamentale.
L’amendement 694 en question a été adopté en catimini, dans la nuit de jeudi à vendredi. Défendu par le député Olivier Véran (LREM), il s’attaque au moindre article, phrase et alinéa de la Constitution faisant référence à la Sécurité sociale, pour remplacer le mot « sécurité » par le mot « protection ».

Il s’agissait juste d’un terrible malentendu… La majorité a consenti, à faire machine arrière à la suite de la levée de boucliers suscitée par la suppression de la référence à la Sécurité sociale dans la Constitution.