VIRAGE HUMAIN

Accueil > Un Choix de Société > Où passe l’argent de l’assurance chômage...

Où passe l’argent de l’assurance chômage... 

jeudi 7 juin 2018, par Lolo

« Nous demandons que la clarté soit faite sur l’identité des créanciers.
Nous voulons savoir où passe l’argent de la collectivité »

Gacdac

Entre 2008 et 2016, le nombre de personnes inscrites au chômage a plus que doublé, passant de 3,2 millions à 6,5 millions. Sur la même période, le nombre de chômeurs indemnisés a augmenté moins vite, de 1,6 à 2,7 millions.
L’assurance-chômage a ainsi joué un rôle de filet social crucial pour des centaines de milliers de personnes licenciées après l’effondrement du système financier.
Aujourd’hui, seules 43 % des personnes inscrites à Pôle emploi touchent des allocations.
Un chômeur indemnisé touche en moyenne 900 euros par mois.

Avec l’augmentation du nombre de personnes sans emploi, les dépenses se sont accrues.
Mais pas le taux des cotisations, patronales et salariales, prélevées sur les salaires pour financer l’assurance chômage.
Il est resté le même depuis 2003, à 6,4 % en tout (4% pour les cotisations employeurs, 2,4% pour les cotisations salariales).
L’actuel gouvernement a même décidé de baisser les cotisations : leur taux est passé à 0,95% depuis janvier 2018.
Cette part des cotisations chômage sera complètement supprimée dès octobre prochain.
Le manque à gagner pour l’assurance chômage sera compensé par la CSG, donc par un impôt, payé par tous les contribuables, y compris le retraités.
Derrière l’illusion d’une augmentation du salaire net des travailleurs, c’est tout l’équilibre du système d’indemnisation du chômage qui s’en trouve ébranlé.

Avec toujours plus de chômeurs, mais sans recettes supplémentaires, l’Unédic doit emprunter sur les marchés financiers, d’où une explosion de la dette de l’Unédic, qui devrait passer de 8,9 milliards d’euros en 2009 à plus de 36 milliards fin 2018.
Elle aura donc quadruplé en neuf ans.
Le montant des intérêts payés aux créditeurs a lui aussi explosé : de 223 millions d’intérêts en 2013 à 400 millions en 2018.
Au final, 2 milliards d’euros d’intérêts ont été versés aux créanciers en six ans.

Alors que plus d’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé, les évadés fiscaux font leur beurre sur l’argent des chômeurs…

Les membres du Groupe d’audit citoyen de la dette de l’assurance-chômage (Gacdac) ont publié un rapport au moment où le gouvernent ultra libérale mener par le président des riches se penche sur les réformes de la formation professionnelle, de l’apprentissage et du système d’indemnisation du chômage qui constituent le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel ».

La dette de l’assurance chômage est estimée entre 34 et 37 milliards d’euros, « nous savons avec certitude que les entités qui les détiennent sont présentes dans les listings des Paradise ou Panama Papers (ces fichiers de comptes cachés dans les paradis fiscaux qui ont fuité dans la presse – NDLR).
Sur cinquante investisseurs, la moitié est présente sur ces listes ».

Ainsi, le rapport révèle le rôle majeur de la finance privée dans les emprunts contractés pour financer l’Unedic (dont une partie sont garantis par l’État), les profits considérables qu’en retirent les créanciers, banques, fonds d’investissements au marché secondaire... et la spéculation et l’évasion fiscale qui vont de pair avec cet investissement très rentable.


L’audit