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Il y a 120 ans, la CGT naissait à Limoges

mercredi 23 septembre 2015, par Lolo

Voici 120 ans, le 23 septembre 1895, s’ouvrait à Limoges le congrès fondateur de la Confédération générale du Travail, la CGT, une date symbolique pour la première confédération syndicale française et l’histoire de la France sociale.

En France, ouverture à Limoges du congrès de 28 fédérations, 18 Bourses du Travail et 26 chambres syndicales qui décident de fonder la Confédération Générale du Travail.

C’est ici que s’est réalisée l’union entre la Fédération des syndicats et la Fédération des bourses du travail, symbolisée par le logo de la confédération : deux mains qui s’unissent, ouvrant l’ère du syndicalisme moderne et de ses grandes conquêtes.

Une union entre les différents courants de l’époque du mouvement ouvrier : les sociaux-démocrates et socialistes marxistes et les anarcho-syndicalistes.

Petit rappel de l’Histoire pour le 120e anniversaire du congrès de Limoges :

44 ouvrières corsetières sur les 105 employées par la Maison Clément, qui travaillaient alors dix heures par jour en étant soumises à une discipline de fer, s’étaient alors rebellées.
Obligées par leur patronne à une pratique religieuse rigide, elles refuseront de s’agenouiller pour la prière journalière et organiseront une grève qui durera 108 jours.
En soutien à leur mouvement, sous la pression des travailleurs limousins, le congrès fondateur de la CGT, essentiellement masculin, accueillera une délégation de corsetières.
Trois d’entres elles seront appelées à la présidence du congrès.

120 ans plus tard, il est essentiel de rappeler aux jeunes générations que leur confort social n’est pas acquis, qu’il a été arraché au prix de dures luttes et seulement dans l’union des faibles contre les puissants.


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Une "union" ensuite mise à mal par les scissions : en 1921, avec la création de la CGTU dans l’ombre du tout jeune Parti communiste ayant rompu en 1920 avec la SFIO au congrès de Tours, puis, après la réunification dans l’euphorie du Front populaire, la fondation par les militants syndicaux anti-communistes de la CGT-FO en 1947, conséquence de la Guerre froide et de l’expulsion des ministres communistes du gouvernement issu de la Résistance. ..

La suite dans les 12 jpeg de la chronologie du la cgt...

Extraits du préambule des statuts de la CGT

Le syndicalisme est né de la double volonté des salariés de défendre leurs intérêts immédiats et de participer à la transformation de la société.

Depuis sa création, il a joué un rôle déterminant dans la conquête de garanties sociales qui ont contribué à changer la condition humaine.

Fidèle à ses origines, à la charte d’Amiens de 1906, héritière des valeurs humanistes et internationalistes qui ont présidé à sa constitution, considérant la pleine validité des principes d’indépendance, de démocratie, de respect mutuel et de cohésion contenus dans le préambule des statuts de1936 (intégré aux présents statuts), la Confédération Générale du Travail défend les intérêts de tous les salariés sans exclusive, en tous temps et en tous lieux. Elle intervient en conséquence librement sur tous les champs de la vie sociale, elle participe au mouvement de transformation sociale.

Par son analyse, ses propositions et son action, elle agit pour que prévalent dans la société les idéaux de liberté, d’égalité, de justice, de laïcité, de fraternité et de solidarité. Elle se bat pour que ces idéaux se traduisent dans des garanties individuelles et collectives : le droit à la formation, à l’emploi, à la protection sociale, les moyens de vivre dignement au travail, dans la famille et dans la collectivité, la liberté d’opinion et d’expression, d’action syndicale, de grève et d’intervention dans la vie sociale et économique, à l’entreprise comme dans la société.

Elle agit pour une société démocratique, libérée de l’exploitation capitaliste et des autres formes d’exploitation et de domination, contre les discriminations de toutes sortes, le racisme, la xénophobie et toutes les exclusions.

Elle agit pour promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes, les libertés et les droits syndicaux, le plein exercice de la citoyenneté, la défense de l’environnement, pour la paix et le désarmement, pour les droits de l’homme et le rapprochement des peuples.

Les mutations du monde et des sociétés appellent de nouvelles conquêtes sociales garantissant les droits fondamentaux des personnes et le respect des peuples, assurant que les richesses, fruit du travail des hommes, financent le progrès social, le bien être et qu’elles concourent, au travers d’un nouveau type de développement, à la sauvegarde de la planète.

Soumise à la logique du profit, la société actuelle est traversée par la lutte des classes et par de multiples contradictions dont les conséquences conduisent à des inégalités et exclusions majeures, des affrontements d’intérêts, des tensions internationales, des menaces de guerre et des conflits armés. Les salariés ont besoin de se rassembler comme tels pour se défendre, conquérir leur émancipation individuelle et collective et participer à la transformation de la société et du monde.

Ouvert à toutes les diversités, riche des différences d’opinion, le syndicalisme dont l’ambition est d’être solidaire, uni et rassembleur, constitue pour les salariés un moyen essentiel pour relever les enjeux contemporains.

La Confédération Générale du Travail, attachée aux principes fondateurs du syndicalisme confédéré et interprofessionnel, œuvre au rassemblement de tous les salariés dans leur diversité, à l’unité du mouvement syndical national, européen et international.

Les principes d’égalité, de solidarité, d’écoute, de tolérance et d’épanouissement des diversités pour lesquels elle œuvre, animent la vie démocratique en son sein.

Voir ci-dessous le portfolio de la CGT d’hier et d’aujourd’hui...

Portfolio