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Revendiquons l’augmentation des salaires

lundi 18 mai 2015, par Lolo

Des bons salaires, ça passe par un Smic et des grilles de haut niveau

Le gouvernement n’a, à nouveau, pas accordé de coup de pouce au Smic au 1er janvier 2015. En prenant cette décision, il continue dans la lignée de ces prédécesseurs à écouter le patronat qui considère que les salaires sont un coût pour l’économie française.

Au contraire, le Smic est un des remparts contre la déréglementation que les libéraux veulent mettre en œuvre. Il est un obstacle contre le travail traité comme une marchandise qui se vendrait et s’achèterait au prix du marché.

En Allemagne, pays devenu la référence du patronat, de la Commission Européenne, des gouvernements, avant la mise en place du salaire minimum début 2015, on établissait en 2010 à 6,5 millions de personnes le nombre de personnes touchant moins de 10 euros de l’heure, certains devant même vivre avec moins de 4 euros. En l’attente de l’entrée en vigueur du salaire minimum entre 2015 et 2017, l’Allemagne est un des pays où existent le plus de « salariés pauvres ».

Contrairement à ce qu’affirme le patronat, ce n’est pas le Smic qui est trop élevé. Ce sont les salaires qui sont trop bas et pour certains, trop proches du Smic. Les allègements de cotisations sociales, pour les salaires jusqu’à 3,5 fois le Smic (2 300 euros), sont des véritables cadeaux octroyés au patronat par les gouvernements successifs depuis 1993 et bientôt renforcés par l’actuel gouvernement. Ils sont des scandaleuses « trappes à bas salaires ». Le patronat a tout intérêt à garder les salariés dans le créneau autour du Smic pour se faire subventionner à bon compte par l’argent public (le nôtre...). Résultat : plus de 55 % des salariés reçoivent un salaire horaire inférieur à 1,6 Smic.

La CGT considère que le Smic a cinq caractéristiques indissociables.
- C’est un salaire minimum qui reconnait le travail effectué pour un salarié sans qualification et qui doit être suffisant pour une existence normale et digne. Les grilles de salaires au dessus de ce minimum doivent reconnaitre les qualifications et les évolutions de carrière.
- C’est un salaire interprofessionnel qui doit donc s’appliquer à tout salarié travaillant en France, quelle que soit sa profession, son âge, son entreprise et sa nationalité.
- C’est un salaire de croissance qui doit permettre aux salariés de bénéficier du développement économique et des progrès de la productivité du travail et de la valeur ajoutée qu’elle crée.
- C’est un salaire horaire et mensuel auquel tout salarié sans exception doit pouvoir prétendre.
- C’est donc un repère collectif fiable auquel les salariés peuvent s’accrocher pour revendiquer pour leur propre salaire.

Contrairement aux libéraux, la CGT affirme que les salaires sont une richesse qui permet aux salariés de vivre dignement et ils participent à la croissance du pays, notamment par la consommation qu’elle génère.

Ce sont sur ces bases que nous pouvons revendiquer dans les entreprises ! Ainsi, sur chaque lieu de travail nous pouvons nous poser les questions sur la juste rémunération de notre force de travail :

Mon salaire suffit-il à m’assurer une existence normale et digne ?

Puis-je assurer mes dépenses contraintes (loyer, eau, électricité, impôts, transports, éducation des enfants, etc.) et profiter du fruit de mon travail pour des loisirs légitimes (vacances, spectacles, sports, ...).
Si non, je revendique avec la CGT pour un salaire décent et de bon niveau

Existe-t-il une grille de salaires en vigueur dans mon entreprise conforme aux différentes qualifications et expériences qui y coexistent ?
Si non, je revendique avec la CGT pour une grille de salaire adaptée.

Mon propre salaire est-il conforme à mes qualifications, mon expérience. Le temps que j’ai passé dans cette entreprise (ou dans une autre) est-il justement pris en compte ?

Mon propre salaire a-t-il une différence suffisante avec le premier échelon de la grille en vigueur qui rémunère à sa juste valeur ma qualification et mon expérience ?
Si non, je revendique avec la CGT pour un salaire adapté à ma situation.

Suis-je à temps complet et est-ce que je perçois un salaire complet ou suis-je en temps partiel subi avec un salaire qui ne me permet pas de vivre dignement ?
Si non, je revendique avec la CGT pour un passage à temps complet avec mes autres col- lègues dans la même situation.

Tous mes collègues, tous les salariés que je connais, quel que soient leur profession, leur nationalité, leur entreprise sont-ils payés selon leur qualifications et les évolutions de carrière qui doivent être les leurs ?
Si non, nous sommes solidaires et revendiquons collectivement avec la CGT pour que nous ne nous retrouvions pas en concurrence entre nous et que le patron ne se serve pas de cet argument pour ne pas nous payer correctement.

La CGT revendique :

- Une revalorisation du Smic à 1700 euros bruts ;
- Une revalorisation des salaires :
- Par l’ouverture immédiate de négociations dans les entreprises et les branches,
- Par l’arrêt immédiat du gel de l’indice des fonctionnaires,
- Pour répartir plus justement les gains de productivité et favoriser la croissance et l‘emploi,
- Pour maintenir et faire progresser le pouvoir d’achat,
- Pour l’égalité entre les femmes et les hommes,
- Pour rémunérer à leur juste valeur les qualifications.

Mon salaire, c’est aussi ma protection sociale

Pour la CGT, le travail est à l’origine de la création des richesses. C’est un formidable atout pour l’économie française. Les salaires et les cotisations sociales sont primordiales pour vivre, se soigner, bien vieillir. Chaque augmentation de salaires gagnée améliore l’économie du pays et la protection sociale.

Le salaire, c’est quoi ?

Il ne se limite pas à ce qui est viré chaque mois sur votre compte en banque (le salaire net) mais inclut également les cotisations sociales (parts salariale et « patronale »).

Les cotisations dites « patronales » sont de l’argent que l’entreprise vous doit au titre de votre travail, comme votre salaire.

La CSG
Elle s’est en partie substituée aux cotisations sociales (assurance maladie et famille) mais ne crée pas de droits, contrairement aux cotisations...
Les entreprises ne payent pas de CSG.

Cotisations sociales
Elles ouvrent des droits pour des prestations relatives soit à des risques (maladie, maternité, chômage, invalidité,...) soit à la qualité de votre vie future (retraite, ...) ou de celle de vos enfants (famille, ...). 100 euros de cotisations sociales, ce sont notamment :
41 euros pour l’Assurance Maladie,
24 euros pour les retraites,
19 euros pour la famille, etc.

Réduction de cotisations sociales.
Les exonérations de cotisations sociales (dont la réduction Fillon pour les salaires inférieur à 1,6 fois le Smic) qui représentent 27 milliards par an (sans compter les 30 milliards du « Crédit Impôt Compétitivité Emploi et du Pacte de responsabilité ») sont un exemple de cadeaux faits aux entreprises qui fragilisent la protection sociale. De plus, ces cadeaux sont remboursés en partie par des impôts (notamment les taxes sur le tabac).
Un salarié payé au Smic a, du fait des exonérations, une baisse de son salaire socialisé de 407 euros.

Salaire net C’est votre votre salaire direct versé à votre compte.

Un salaire, des cotisations et des droits

Ainsi mon salaire et mes cotisations sociales ouvrent des droits, dans certaines conditions, permettant :
- si je tombe malade, moi même ou mes ayant-droits, de prendre en charge tout ou partie des frais d’hospitalisation, de médicaments, ... ;
- si je suis en invalidité, de bénéficier d’un revenu minimum ;
- si je suis victime d’un accident du travail, de percevoir une rente ;
- si je perds mon emploi, de percevoir, des allocations chômage ;
- si j’ai un enfant, de rester avec celui-ci pendant ses premières semaines, de faire face aux charges liées à l’éducation de mes enfants, de bénéficier de certaines allocations (crèche, allocation de rentrée scolaire, etc.) ;
- de bénéficier d’une pension de retraite après mon activité professionnelle. à mes parents ou à un proche handicapé de bénéficier de prestations dans le cadre du maintien de leur autonomie à domicile ou de prendre en charge le coût de leur hébergement en maison de retraite ;
- si mes revenus sont insuffisants, de bénéficier d’allocations logement.

La protection sociale accompagne les individus dans les différents moments de la vie. Articulée au travail, elle apporte des réponses convenables aux salariés et à leur famille. Elle doit répondre aux principes de solidarité, de démocratie et d’universalité qui constituent les fondements de la Sécurité sociale. La Sécurité sociale et la protection sociale ont permis des progrès sociaux considérables en termes de qualité et d’espérance de vie.

Les cotisations sociales (part salariale et part entreprise) représentent la majeure partie du financement de la protection sociale.
Les attaquer, c’est fragiliser la protection sociale. Quand le patronat dit « il faut baisser le coût du travail », il faut comprendre que nous devons diminuer le salaire et les cotisations sociales. Faire croire qu’on pourrait augmenter le salaire net en diminuant les cotisations sociales est une illusion : ce serait faire supporter au salarié un risque qu’il devrait assumer individuellement, selon ses moyens, comme cela se passe dans les pays anglo-saxons comme les États-Unis.

Le patronat en cherchant à amputer la protection sociale privilégie une fois de plus la rémunération du capital, les dividendes, les plus hauts salaires : il y a trente ans, les dividendes versés aux actionnaires correspondaient à dix jours de salaire ; c’était 45 jours en 2012 !

De même, lorsque l’entreprise au lieu de vous payer en salaire, privilégie d’autres formes de rémunérations (intéressement, participation, ...) pour lesquelles il n’y a pas de cotisations sociales, ni de droits créés pour de la protection sociale, le patronat s’attaque sans le dire à votre salaire et à votre protection sociale.

LA CGT REVENDIQUE :
- Une augmentation générale des salaires, pour augmenter la masse des cotisations sociales et améliorer notre protection sociale.
- Une politique de l’emploi active qui permette d’augmenter le nombre de salariés au travail et donc le nombre de cotisants et la masse totale d’argent disponible pour la protection sociale.
- L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes permettant un meilleur financement et une meilleure pension de retraite.
- Une réforme du financement de la Sécurité sociale :
axée sur la cotisation sociale,
introduisant une modulation privilégiant les entreprises qui investissent et créent des emplois et pénalisant les autres,
faisant contribuer les revenus financiers des entreprises au financement de la Sécurité sociale,
comportant une remise en cause des exonérations de cotisations sociales,
prenant en compte l’ensemble des éléments de rémunération y compris l’intéressement et la participation.

Les 3 tracts pour l’augmentation des salaires





Le Smic c’est quoi ?

Le gouvernement a instauré en 1970, dans la foulée de 1968, le Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance). Il est théoriquement fixé pour que les salariés à faible revenus « voient leur condition améliorée non seulement en fonction de l’évolution des prix mais également par rapport au mouvement général des rémunérations et de l’économie ». Il est revalorisé au 1er janvier (mais peut l’être à tout moment à l’initiative du gouvernement). Il est automatiquement indexé sur un indice Insee des prix à la consommation et sur le calcul du gain du pouvoir d’achat du salaire de base des ouvriers et employés.

Surtout, le gouvernement peut prendre à tout moment l’initiative d’un coup de pouce.
Le dernier en date a été une pichenette de 0,6 % au 1er juillet 2012 (soit environ 6 centimes de l’heure) et le précédent remontait à 2006 (0,3 %).

Le gouvernement ayant refusé d’appliquer un « coup de pouce », au 1er janvier 2015, le Smic est de 9,61 euros de l’heure (ou 1 457 euros bruts mensuels, soit 12 C de plus par mois).