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Rapport introductif - CEF de mars 2015

26 mars 2015, par Lolo

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Bonjour à toutes et tous,

Nous vivons une actualité sociale très chargée, des heures sombres, mais aussi des perspectives plutôt positives derrière une CGT à l’offensive pour impulser un mouvement sociale d’ampleur.

Concernant les questions internationales, l’extension des conflits rend la situation mondiale explosive, notamment au moyen orient, sur le continent africain, se sont de véritables poudrières et les derniers événements ne sont pas faits pour nous rassurer.

La question ukrainienne qui porte le conflit aux portes de l’Europe fait ressurgir l’histoire pas si lointaine de la guerre froide entre les deux blocs Russo/Américain.

Le résultat des élections en Israël où la droite dure a été très confortablement réélue malgré les sondages et notamment sur le programme d’envahissement des territoires palestinien fait craindre le pire, pour les mois à venir, à ce peuple déjà durement éprouvé.

L’attentat très meurtrier en Tunisie revendiqué par l’état islamique avec plus de 21 morts, fait écho à l’horreur de celui perpétré sur notre territoire, qui a fait tomber sous les balles, entre autres, des figures telles que Charb, Wolinski, Tignous et Cabu, ces exécutions ont pour objectif de déstabiliser les états démocratiques ou en passe de le devenir.

Malgré les fortes mobilisations humaines et citoyennes qui ont succédé à ces attentats, les gouvernants en profitent pour mettre en place le tout sécuritaire au détriment de la réponse sociale et sociétale.

Construire des prisons en fermant des écoles, avoir la volonté de créer une armée européenne en sont les exemples les plus marquants.

Serions-nous entrain de revivre tel que le chantait Ferrat :
C’est partout le bruit des bottes.
C’est partout l’ordre en kaki……
…Il ne faut plus dire qu’en France
On peut dormir à l’abri
Des Pinochet en puissance
Travaillent aussi du képi »

Ce qui me permet de nous renvoyer aux résultats des élections départementales de ce dimanche où le front national se paye une implantation territoriale et confirme ainsi son excellent score aux européennes où la montée de l’extrême droite se confirme presque partout en Europe.

C’est pourquoi ce que vit le peuple grec doit nous interpeller, nous indigner et nous devons lui apporter un soutien sans faille, car l’attitude des dirigeants européens est une insulte au vote démocratique d’un peuple qui a dit stop à l’Austérité et l’attitude méprisante, insultante de la troïka envers les populations qui souffrent.

Les pressions des institutions européennes et internationales sur le gouvernement grec sont intolérables, et le compromis conclu à Bruxelles pour prolonger l’aide européenne a fait descendre des manifestants dans la rue au moment où le gouvernement grec déposait son projet de loi consacré à la lutte contre la pauvreté.

Cette Europe libérale craint les échéances électorales, notamment en Espagne et au Portugal, elle a peur d’une victoire du clan anti-austérité, mais cette attitude dangereuse et antidémocratique fait le lit de l’extrême droite.

Ces grandes fortunes, ces grands patrons, auraient-ils encore une fois choisi leurs camps ?
Je n’ose l’imaginer car c’est un jeu dangereux que le peuple européen à payé au prix fort, en tout cas un seul camp les intéresse celui de la financiarisation.

C’est pourquoi partout en Europe il y a des attaques contre le monde salarial, tel le patronat Italien qui tente de remettre en cause les règles collectives, avec le soutien du Conseil des ministres qui ont adopté définitivement les deux premiers décrets de la loi « Cadre » pour la réforme du marché du travail.

Comme en Espagne où de nombreux salariés et syndicalistes sont sous le coup de procédures pénales ou administratives pour faits syndical et de grève.

Heureusement partout où cela est possible les réponses syndicales existent.

Telle la CGIL en Italie, qui se mobilise et fait de la construction de l’unité des salariés et des Organisations Syndicale une priorité.

Où comme en Belgique où le front syndical commun toujours soudé, les trois syndicats de salariés belges ont organisé le 11 mars, un rassemblement à Bruxelles pour une fiscalité équitable, la réforme des retraites, le pouvoir d’achat et la défense de services publics de qualité.

Outre Rhin aussi les salariés revendiquent…et gagnent !
Le Syndicat IG Metall vient de remporter une belle victoire en gagnant le relèvement des salaires de 3,4% dès le 1er Avril avec au 1er mars une prime de 150 euros pour chaque salarié.

Le 17 mars de très nombreux retraités ont manifesté en France pour :
- la revalorisation annuelle de toutes les pensions et retraites au 1 er janvier et rattrapage des 30 mois,
- le maintien et l’amélioration des pensions de réversion,
- l’indexation des pensions sur l’évolution des salaires, avec un minimum de retraite équivalent au SMIC,
- le retour de la retraite à 60 ans,
- la suppression des mesures fiscales qui pénalisent les retraités,
- la prise en charge de la perte d’autonomie par la sécurité sociale.

Par ailleurs la CES prépare un appel à un 1er mai d’une ampleur sans précédant et unitaire partout en Europe contre l’austérité, voila qui serait une belle claque à ce qu’affirme un certain Laurent Berger « il n’y a pas de politique d’austérité en France… »

La France où le patronat profite de cette période sociale inédite dans notre pays pour continuer à déployer sa stratégie de financiarisation de l’économie au détriment de la production, de la recherche et des investissements pour que les actionnaires puissent s’engraisser de plus en plus.

Les licenciements et les fermetures d’entreprises s’accélèrent pour aller encore plus vite, le Medef œuvre lui aussi à remettre en cause les règles collectives, et le code du travail.

Le trio médiatique, Hollande, Valls, Gattaz la main dans la main poursuit sa politique libérale et antisociale que ce soit au gouvernement ou dans les entreprises.

Le tout sous l’œil bienveillant d’une droite dure et décomplexée qui attend son tour pour infliger les derniers coups les plus durs au monde salarial et aux citoyens qu’il voudrait à genoux « Du « casse-toi » pauvre Con…, Au secours voilà le retour de Sarko… ».

Sur la réforme du dialogue social, aucune des propositions de la Cgt n’a été retenue, par le gouvernement seul le texte du Medef est repris avec une différence :
- la création d’une forme externe de représentation pour les très petites entreprises qui seraient de dimension régionale, ces instances n’auraient ni moyen ni pouvoir d’intervention dans les entreprises.

C’est une nouvelle remise en cause de la hiérarchie des normes avec une tentative d’ouvrir, la possibilité dans les entreprises de plus de 300 salariés, de déroger à la loi par accord majoritaire.

A terme, le risque est que le code du travail devienne l’exception puisque tout deviendrait dérogatoire.

Que cela soit l’ANI, le pacte de responsabilité, la réforme des collectivités territoriales, et notamment le projet de Loi NOTRe en débat, ou sur la future loi sur le dialogue social, on assiste à un éloignement des citoyens et des salariés des lieux d’expression et de décision, tant dans l’entreprise que dans la cité.

La seconde séance de négo du 20 mars sur les régimes de retraite complémentaire n’a rien donné, elle vise toujours à fusionner l’Agirc-Arrco, en un régime unique, qui scellerait la disparition de l’Agirc.

Signez la pétition nationale...

Le Medef propose de nouveaux abattements systématiques pour toute retraite complémentaire liquidée avant 67 ans avec des attaques sévères sur les pensions de réversion et ni plus ni moins que la disparition de l’Agirc en 2019.

Ce qui aurait pour conséquences, le paiement d’une partie de la retraite des cadres par les non-cadres avec une diminution drastique des droits des cadres.

Sans compter la disparition du statut-cadre et des seuils de classification dans de nombreuses conventions collectives sapant la reconnaissance des qualifications pour tous.

Autre volonté, faire fonctionner ce régime à cotisations définies, au lieu d’un régime à prestations définies, où sans financement supplémentaire pour les régimes, la seule variable d’ajustement serait le niveau des droits et les « efforts » à réaliser auprès des retraités.

Concernant l’assurance chômage et le droit rechargeable, la réunion du 18 mars à été reportée ce 25 mars de 17 à 20h au Medef, avec aucune volonté d’y mettre un euro de plus, pire Bruxelles veut de nouvelles économie sur le dos de l’assurance chômage, ce jour, des appels à rassemblement ont lieu.

Car ce n’est plus 30.000 personnes qui seraient concernées, mais bien 500 000 demandeurs d’emplois qui se verraient diminuer de leurs droits à indemnisation.

De plus après cette négociation, c’est la revalorisation de l’indemnisation de l’assurance chômage au mois de juin, une nouvelle convention UNEDIC qui veut revoir une fois de plus les droits des chômeurs et précaires à la baisse.

La loi santé qui offre les pleins pouvoirs aux ARS, tout en poursuivant la déstructuration de l’hôpital public avec une volonté de diriger les malades qui en auront les moyens vers les structures privées.

S’agissant du Tiers-Payant, sur 23 € qui sont versés au médecin, dans le cadre d’une consultation, la Sécu leur reverse pour sa part 31.50 € au total (avec la prise en charge informatique, compensation pour le tiers payant etc…).
Malgré ces mesures, les médecins revendiquent une hausse des consultations !

Le passage en force avec l’utilisation de l’article 49-3 sur la Loi Macron.
- Une Loi aux ordres du libéralisme européen !
- Une des Loi les plus « austéritaires » de ce gouvernement !
- Une Loi qui porte de graves atteintes au salariat et au code du travail :
- Banalisation du travail du dimanche et de nuit,
- Licenciements collectifs simplifiés,
- Exigences arbitraires auprès des élus prudhommaux et renvoi des décisions vers des juges professionnels.
- Suppression de la peine d’emprisonnement en cas de délit d’entrave pourtant d’Ordre Public. etc…

Ce même Macron qui au lendemain des élections départementales demande une accélération des réformes.

Toutes ces attaques ont de véritables conséquences sur le personnel et le service rendu au publique dans notre champs fédéral.

L’aide et maintien à domicile a pour habitude de dire que ce secteur sert de laboratoire d’essai pour toute nouvelle loi, rendant les salariés malléables et corvéables à merci vis-à-vis des employeurs :
- travail à temps partiel subit,
- travail morcelé, horaires atypiques, modulation, amplitude de travail,
- travail du dimanche,
- conditions de travail désastreuses…

Dans la MSA, face au mépris des dernières propositions de la FNEMSA sur la proposition d’une prime, la CGT et FO ont quitté la séance et rédigé un communiqué commun.

Lutte à la MSA Sud Aquitaine le 7 mars, 30% de grévistes ont dénoncé les conséquences des COG.

A la MSA IDF, Droit de retrait des Télé-Conseillères, les élus DP CGT ont déclenché un droit d’alerte et saisi l’Inspection du Travail.

A la mutualité et dans les GPS sous prétexte de concurrence accentuée par la généralisation de la complémentaire santé, les plans sociaux, les licenciements économiques, les ruptures conventionnelles, les mobilités fonctionnelles et géographiques s’accélèrent.

Les salariés subissent au quotidien les lourdes conséquences des externalisations, des réorganisations, des regroupements, des fusions/absorptions.

Au RSI alors que la situation est déjà très difficile la mise en place de la trajectoire 2018 dont la cartographie définitive, doit être validée en fin de mois pour le ministère selon la demande de la direction nationale.

Les artisans, commerçants et professions libérale se servent de ces désorganisations pour manifester leurs mécontentements et en profitent pour vouloir sortir de la sécurité sociale, demandant la suppression de leurs cotisations.

Mais aussi, de la part de ces individus des comportements condamnables notamment envers le personnel.

Les politiques d’austérité et les visées comptables de réduction de la dépense publique et des comptes sociaux sont le prétexte à une régression drastique de l’intervention publique et de la protection sociale.

Le plan stratégique de 2015-2018 de Pôle emploi en est une parfaite déclinaison :
L’insuffisance de moyens accordés à Pôle emploi pour rendre convenablement le service public, la volonté de réduire les interventions du service public lui-même au profit du secteur marchand, une définition rabougrie des missions et des services proposés aux usagers de Pôle emploi, qu’il s’agisse des privés d’emploi ou des entreprises.

Ce projet est dangereux pour les usagers, pour les missions et pour les personnels de Pôle emploi.

A la Sécu, 200 camarades réunis les 16 et 17 mars dans le patio à Montreuil ont tous dressés un bilan catastrophique de la situation dans les organismes et établissements auquel s’ajoutent 5 ans sans augmentation de la valeur du point.

Ils ont décidé de se rendre à la CNAMTS pour remettre au directeur général, une motion pour la sauvegarde des emplois et la pérennité de l’établissement de la Nive.

A la Carsat Nord Picardie : Depuis des mois, des milliers de dossiers sont bloqués, des milliers de retraités attendent le premier versement de leur retraite. Le syndicat CGT organise une mobilisation locale le 26 mars 2015, jour où le Conseil d’Administration se réuni au siège de la Carsat.

Ils ont aussi décidé d’une journée de grève le 26 mai pour exiger une augmentation de la valeur du point avec une manifestation devant le Ministère des Affaires Sociales avec l’objectif de 500 manifestants et des initiatives locales avec l’interpellation des préfets et directeurs d’organismes et établissements.

Dans ce contexte difficile et après des mois de flottement, et de balbutiement ou le 18 mars et le 16 octobre ont été impulsé par notre fédération, La CGT est rassemblée et mobilisée derrière sa nouvelle équipe dont Denis fait partie, portant entre autres les questions de l’emploi et de la protection sociale mais pas seulement.

Le CCN a décidé dès aujourd’hui de préparer le 51ème congrès en allant à la rencontre des syndicats sur 5 thématiques, pour continuer à construire notre syndicalisme de classe et de masse articulé autour de la démocratie syndicale et sociale, de contestations et de propositions.
- Notre démarche syndicale, notre rapport aux salariés dans la construction des revendications avec le choix que nous avons fait de rentrer par la porte du travail,
- Processus de construction des luttes,
- Le rapport de la CGT avec les autres organisations syndicales, le politique et le monde associatif,
- Notre place dans le syndicalisme mondial et européen,
- Notre démocratie interne : mieux articuler le rôle et le travail entre les instances qui constituent la direction de la CGT.

Notre fédération doit y prendre toutes sa place en lien avec l’interpro.

Mais le plus important dans le contexte, c’est que le CCN a décidé que le 9 avril sera une journée de grève interprofessionnelle avec manifestation à Paris contre l’AUSTERITE.

Elle devra permettre de faire exprimer les convergences de luttes entre les salariés du public, du privé et de donner plus de visibilité, plus de force à nos revendications à ceux qui sont déjà en lutte mais aussi à ceux qui vont y rentrer.

Réussir ce 9 avril est la priorité de toute la CGT, les adhérents dans les syndicats, les UD et le FD travaillent d’arrache pieds pour atteindre l’objectif de 100.000 manifestants dont 50.000 de province, financement particulier, autocollant, souscription mais aussi tract, AG, tournée de service, pour mobiliser.

Notre Fédération dans tous les secteurs où cela était possible a travaillé à des appels communs, nous avons décidé de 4 tracts, déjà prêt, et une Info Fédé dématérialisée sur le site à partir de lundi.

Mais ne nous faut-il pas ici réaffirmer l’importance de cette manifestation nationale à PAris, l’importance du nombre de salariés en grèves ?

Pour combattre et réduire le chômage, permettre la création d’emplois en changeant de politique économique, préserver les droits et tous les régimes sociaux, garantir et promouvoir le service public, revendiquer une protection sociale de qualité, augmenter les salaires, les retraites, les pensions et les minimas sociaux, constituent des priorités sociales, de surcroît en période de crise.

Nous devons dès à présent aussi poser la question de la suite à donner à ce 9 avril en s’appuyant sur la journée du 1er mai afin de lui donner un caractère unitaire européen.

Et puis ne serait-il pas intéressant, à partir de la décision des syndicats de la SECU, de s’interroger ensemble à faire de la journée du 26 mai une journée fédérale autour du triptyque ?

Emploi, salaires, condition de travail.

L’année des 120 ans de la CGT et des 70 ans de la SECU, il ne faut plus laisser la rue, à la droite, aux patrons, aux réacs

Tous ensembles, dans la CGT avec les salariés,
en grève et manifestation pour dire stop aux politiques d’austérité.